Pigeonniers saintongeais

(Pigeonnier, fuie ou colombier sont synonymes)

Les pigeonniers seigneuriaux: celui de PANLOY

 

Vue générale du pigeonnier Le mieux conservé, aussi complet qu’élégant

et caractéristique des pigeonniers du XVII ème siècle

est celui du château de PANLOY.

A Port d’Envaux, près de CRAZANNES.

Monsieur le Marquis aime à faire visiter son château et ses dépendances lors des festivités qu’il organise en son domaine (
http://www.chateau-de-panloy-17.com/)
et qui sont fort conviviales et instructives car l’on visite non seulement le pigeonnier mais aussi les écuries, l’ancienne buanderie et les intérieurs tout cela costumé et animé.

Voici la vue générale de ce pigeonnier daté de 1620 et classé monument historique.
Ces pigeonniers circulaires sont réservés aux châteaux.

Les pigeons atterrissent sur une aire devant les lucarnes que les constructeurs ont faite en saillie tout en la protégeant des vents.

Certains atterriront sur les boules.

Les pigeons aiment à se regrouper avant d’entrer au pigeonnier par les ouvertures aménagées pour les laisser passer tout en empêchant les rapaces d’y pénétrer.
Par les ouvertures au-dessus de la corniche ils pourront s’envoler de cette plage d’envol.

La corniche circulaire sert de larmier ainsi qu’à protéger les pigeons en empêchant les rats, les fouines et les belettes de poursuivre leur ascension et de pénétrer dans le pigeonnier.

Remarquez l’élégance des trois lucarnes à la Mansart qui servaient aussi d’aération et permettaient à la lumière de pénétrer dans le bâtiment.

Un lanternon en forme de casque à pointe orne la toiture.
La porte, très belle permet d’accéder à l’intérieur.

Sur son linteau il y est gravé :
« PIERRE HELIE MASON » (Pierre Hélie le maçon)

 

 

 

De tels pigeonniers visaient trois objectifs :


_d’abord montrer sa richesse avec élégance,
_ensuite obtenir la « colombine » un engrais très riche en azote apprécié dans les jardins et les champs. !
_Mais le pigeonnier était essentiellement un garde manger à une époque ou l’on ne consomme que du poisson et des volailles accessoirement des lapins et de la chasse, les autres animaux étant destinés avant tout au lait ou au trait.


"la viande bovine était peu consommée, inon pour les festoiements. Il était donc de première utilité de pouvoir disposer, en dehors des salaisons de réserves naturelles et renouvelables et qui se différencient des volières communes ; ce seront les étangs, les colombiers et les garennes." _Olivier de Serres_

Le pigeon est prolifique:


Chaque couple de pigeons de mars en septembre élèvera quelques 6 pigeonneaux si l’on ne prélève pas les œufs ! Un pigeon vit environ huit ans, devient adulte à six mois et la femelle couve pendant dix-huit jours un ou deux œufs et cela cinq à six fois par an.
Chaque année de nuit on coupe aux pigeons la moitié d’une griffe différente, ceci lorsqu’ils sont au nid tout en prélevant ceux qui ont quatre griffes coupées lesquels sont devenus moins bons reproducteurs et seront vendus ou rôtis.


Le nombre de boulins (poteries d’argile insérées dans le mur pour constituer le nid) est proportionnel à la superficie de l’exploitation. Celui du château de PANLOY en comporte 2500 ( la norme est un boulin par jounal sachant que le journal va de 30 ares 39 centiares vers Aulnay à 58 ares 62 centiares vers Montguyon faites le calcul...)

 

 

l'intérieur du pigeonnier du château de PANLOY:

 

L’on y voit les boulins et surtout l’échelle.

 

L'ÉCHELLE

Tous les colombiers importants possédaient une échelle verticale mobile frôlant les parements intérieurs ;

cette échelle était suspendue à des potences fixées sur un mât robuste bien axé dans la construction, tournant sur un pivot de base et dans une bride circulaire de tête ancrée dans la charpente.

Ainsi chaque nid pouvait être facilement atteint et visité.
L’échelle permet de ramasser les œufs,les pigeons morts et de nettoyer les nids sans prendre appui sur les boulins !