La basilique ou

L'église haute   Saint EUTROPE

à SAINTES (17)

Texte intégral de Charles CONNOUË
Photos de Michel ROCHAT et Alain DELIQUET


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St EUTROPE

Par BOURDEAU (XIX e)

la partie romane

(la partie romane)

Saint-Eutrope de Saintes 

est probablement l'édifice religieux le plus intéressant que possède la Saintonge. Par sa disposition, son ancienneté, par la diversité des styles qui s'y rencontrent et la pureté de son ornementation, enfin, par la richesse des (souvenirs historiques qu'elle évoque, cette église, véritable musée d'archéologie régional, compose un ensemble qui mérite beaucoup mieux qu'une visite hâtive. 

Elle doit être examinée dans chacun de ses détails, tous d'une grande valeur artistique et qui sont pour la plupart susceptibles de servir de bases a des études comparées.


L'illustre martyr, qui lui a donné son nom, était un évangélisateur d'origine grecque, envoyé dans les Gaules, par l'apôtre Pierre lui-même disent les uns, par Clément, premier évêque de Rome, disent les autres, et qui, après avoir été le fondateur de l'église de Saintes, y mourut vers l'an 122.
La première construction, élevée a l'emplacement occupé aujourd'hui par l'église actuelle, emplacement qui serait celui même ou se dressait la cabane d'Eutrope et celui ou il fut inhumé, aurait été une simple chapelle en bois qui dura peu. Saint Léonce, évêque mérovingien et Saint Pallais qui vécut au VIe siècle, la remplacement par une " magnifique basilique " consacrée a la mémoire du pieux prédicateur, dont les restes venaient d'être retrouvés.


Mais au IXe siècle, l'édifice ne résista pas aux ravages des Normands. 

Les moines de Cluny entreprirent alors de le relever de ses ruines et commencement par fonder un monastère ; puis, l'un des leurs, l'illustre architecte Benoît, traça les plans d'un important ensemble conçu sous la forme d'une église double 

ou plus exactement de deux églises superposées, l'une souterraine crypte

la crypte

et tombeau 

l'église haute

(Le choeur et ses travées vu depuis la croisée du transept_ la nef c'est un parking !)

et l'autre à vaste nef, susceptible de recevoir les foules importantes qui se déplaçaient pour honorer le Saint. 

En l'an 1096, le Pape Urbain II officia a l'un des autels et le consacra.
(L'évêque consacra l'église basse simultanément)
L'église haute, plus vulnérable que la crypte et difficile à protéger du fait de sa position hors des murs, eut bien des fois, au temps médiéval, à souffrir de la barbarie humaine.


reconstitution de l'édifice au XIIe siecle

De destructions en restaurations elle finit par être presque entièrement reconstruite, mais sur des bases de siècle en siècle plus modestes.


Les reliques d'Eutrope, perdues et, retrouvées, puis reperdues pendant les guerres de Religion, avaient été retrouvées, une seconde fois en 1843, le 19 mai ; mais, entre temps, l'édifice occupé par les Calvinistes avait a nouveau connu la dévastation et l'incendie. Réparé derechef, il n'était pourtant pas au terme de ses vicissitudes, puisqu'il devait, au début du XIXe siècle, être encore victime des hommes et du vandalisme - officiel cette fois-. En 1803, le Préfet de la Charente-Inférieure, pour éviter une réparation de quelques milliers de francs à un pilier, préféra donner l'ordre d'abattre la façade et toute la nef jusqu'au transept.

Certaines économies sont, dit-on, des crimes. Celle-ci en est un, car cette déplorable décision, que n'excuse ni l'ignorance, ni l'habituelle pénurie des finances de l'état, priva la ville de Saintes d'une curiosité archéologique de tout premier ordre qui aurait largement contribué à sa renommée.

le choeur


L'église romane, ainsi mutilée, présentait, en effet, a cette époque une disposition qui en faisait un édifice absolument unique en France.
Elle occupait d'abord toute la place qui existe a l'Ouest, devant la porte d'entrée jusqu'à la route. 

Quelques vestiges de murs et un contrefort qui butait l'angle méridional de l'ancienne nef existent encore et fixent ses limites. La rue touchait la façade et obliquait devant elle.
Cette façade était du type " à pignon " avec lanternon aux deux extrémités ; le portail central était encadré de deux baies aveugles et au premier étage se développaient trois arcades avec, au centre, une niche centrale abritant un cavalier.
La nef vaste, avait une disposition très particulière.

plan reconstitué du XIIe d'Yves Blommé.

Des la porte d'entrée, nous dit Ch. Dangibaud, on descendait cinq marches - car le sol était beaucoup plus bas que celui de la place actuelle - pour accéder a un palier, après lequel de nouvelles marches permettaient d'arriver au sol de la nef centrale séparée de ses bas-côtés par des rangées de colonnes entre lesquelles d'autres marches, correspondant aux cinq premières de l'entrée, mettaient au niveau du palier le dallage des collatéraux.
Ceux-ci, à leur extrémité Est, se terminaient par douze à quatorze degrés qui montaient au transept, tandis que la nef aboutissait à un autre escalier qui, lui, descendait dans la crypte.

basilique saint-eutrope de saintes

L'intérieur du vaisseau était donc formé d'un triple vestibule , le plus large, au centre, conduisant à l'église souterraine et les deux latéraux au chevet de l'église haute. 

L'ensemble avait, en quelque sorte, vu de la porte d'entrée, l'aspect d'une piscine au sol incliné, entouré de marches et de colonnes.
Du centre il était possible de voir, en même temps, deux officiants, l'un en bas à l'autel de la crypte, l'autre au-dessus à l'autel de l'abside. 

Ce très curieux spectacle ne devait manquer ni d'originalité, ni de grandeur.
L'ancien clocher, qui se dressait sur le carré du transept, c'est-à-dire à l'emplacement de l'entrée actuelle, devait être peu élevé, mais présentait un appareil de pierres en losange ou en " feuilles de fougère ", disposition qui ne se retrouve sur aucun autre clocher en Saintonge ; sauf, peut-être, à Trizay ou l'on entrevoit, à la base de ce qui pouvait être un clocher, un possible appareillage de cet ordre.

La simple énumération de ces beautés disparues, suffit à les faire amèrement regretter.

 

SAINTES église haute de St EUTROPE

 


L'église de Saint-Eutrope actuelle est formée de l'ancien transept et du chevet de l'édifice roman, l'un et l'autre modifiés au cours des années. 

C'est ainsi que l'abside à été allongée au cours du XVIe siècle, vers l'orient. 
Sa partie la plus élégante, en même temps que la plus digne de remarque, est sans conteste la belle et curieuse absidiole a deux étages, greffée en biais sur son mur Nord.

la partie romane de la basilique saint-eutrope de saintes

L'ancien transept a formé les deux chapelles qui encadrent l'entrée, y compris celle de gauche qui est aujourd'hui surmontée du clocher gothique. La nef est l'ancien choeur, le choeur, l'ancienne abside et l'abside ogivale qui abrite aujourd'hui l'autel est une adjonction faite sous Louis XI.
Ce prince, très dévot, avait une vénération particulière pour Saint-Eutrope, dont il visita souvent le tombeau. 
En 1478, il fit, de ses deniers, élever le clocher actuel qui ne fut terminé qu'en 1496.

SAINTES église haute de St EUTROPE

Vue depuis les arènes


 Cette tour a trois étages, éclairés par de grandes fenêtres sur l'arc desquelles se  déploie tout le luxe du style flamboyant arrivé à sa dernière période, est couronnée par  une pyramide octogone à crochets qu'accompagnent à sa base quatre pyramidons.

Sa flèche de pierre, qui se dresse à quatre-vingts mètres de hauteur, est un peu moins élevée que celle de Marennes. 
Elle lui ressemble cependant en tous points, avec peut-être moins d'élégance, mais plus de classicisme dans ses lignes. 
Elle caractérise plus exactement, en effet, son époque par sa profusion de choux frisés et de crochets à volutes dont le XV e siècle et le commencement du XVI e ont été si prodigues.

La façade actuelle, qu'il serait souhaitable de pouvoir qualifier de " sans caractère ", est un simple mur de clôture percé de trois portes avec, tout en haut, une vague arcature. Édifiée en 1830, elle est on ne peut plus banale, mais la nef qu'elle enclot est remarquable.

SAINTES église haute de St EUTROPE

La décoration romane de cette nef (en fait le choeur de la basilique romane) est magnifique et sans équivalent dans la région. 

pésement des âmes  à SAINTES

Les sculptures sont d'une pureté, d'une netteté d'exécution qui touche à la perfection. 

Nulle part ailleurs en Saintonge, ou se rencontrent fréquemment des motifs inspirés ou imités de ceux de Saint-Eutrope, 
ne se voient une telle précision dans le dessin et une telle habileté dans la réalisation des scènes représentées.

SAINTES église haute de St EUTROPE

L'atelier, qui a travaillé à Saintes
sur les plans de Benoît et de ses successeurs, était formé d' " imagiers" et d'artistes hors de pair.


L'ornementation abondante est également variée : feuillages, entrelacs, rinceaux, 

chapiteau historié St EUTROPE de SAINTES

animaux, personnages ; mais deux " motifs" se détachent de l'ensemble et doivent retenir spécialement l'attention. 

SAINTES église haute de St EUTROPE

D'abord certains médaillons ronds, couverts de " découpures stellées " nets, précis, très décoratifs et 
d'autant plus remarquables que ce genre d'ornement est rare.


Ensuite le fameux " motif "

SAINTES église haute de St EUTROPE

d'origine byzantine, dans lequel un volumineux oiseau, perché sur le dos d'un quadrupède lui pique le cou de son bec, 
tandis que l'attaqué lui mord la queue. 

combat spirituel à SAINTES

Ce sujet se retrouve plusieurs fois sur d'autres chapiteaux ou sur des bandeaux, mais la position des animaux change.

Par exemple, le quadrupède tient dans sa gueule une patte de l'oiseau qui se défend en frappant du bec l'oeil de son adversaire. 
Toujours la forme et l'exécution sont impeccables.

SAINTES église haute de St EUTROPE

D'autres chapiteaux, d'autres scènes méritent aussi un examen détaillé. Parmi eux, citons le fameux " Pèsement des âmes "
et ses curieux paniers en vannerie. 

Le démon appuie, avec un bâton, sur l'un des fléaux de la balance ; un damné se tient derrière lui, 

tandis qu'une âme de juste attend près de l'ange qui préside a l'opération.
Beaucoup de ces chapiteaux ont leur moulage à Paris.

Cette riche représentation murale, qui plaisait aux populations du Moyen Age et était abondamment commentée par elles, contribuait au renom de Saint-Eutrope et était une des raisons qui, aux jours de solennités religieuses, groupaient, autour des autels, des affluences énormes. 

La fête du Saint, le 30 Avril, était l'occasion d'une cérémonie importante et fastueuse ou l'on venait de fort loin.
Il n'était pas rare que des pèlerins, qui se rendaient à Saint-Jacques de Compostelle en Espagne, fassent de très longs détours pour venir prier au tombeau du glorieux martyr. 
Des guérisons authentiques y furent constatées.

Le culte de Saint Eutrope (et de Sainte Eustelle) s'étendait bien au-delà des provinces voisines, jusque dans les pays étrangers. 

La vénération, qu'avait inspiré ces deux noms associés dans la vie et dans la mort, 
avait pénétré toutes les classes de la société et tous les milieux.

A la fin de la guerre de Cent ans, époque ou la circulation sur les routes du pays, avait été rendue si difficile du fait de la rude réglementation imposée par les Anglais, les porteurs de billets de pèlerinage, pour Saint-Eutrope de Saintes, passaient avec facilité et voyaient les nombreuses barrières s'abaisser devant eux.

Cette renommée n'allait pas toutefois sans inconvénient. Le nom d'Eutrope qui se prononçait U-trope, comme " il eut", ou " j'avais eu ", 
en passant de pays en pays, ou d'un patois a un autre, subissait de singulières transformations. C'est ainsi qu'a Noyon, Eutrope était devenu Itrope, puis Hydrope ; ailleurs Estrope et Estropi et de déformations en altérations Atropy, Acropy et enfin Accroupi. 

A Compiègne, il existait, encore au siècle dernier, une rue Saint-Accroupi, lequel Saint n'était autre que notre martyr local.
Ces vocables bizarres avaient eu de bizarres conséquences. Les fidèles se laissaient guider, dans leurs adresses aux Saints du paradis, par des consonances, des associations d'idées ou de vagues souvenirs. C'est ainsi qu'Eutrope devenu Hydrope fut invoqué par les hydropiques (l'hydropisie fut longtemps appelée le mal de Saint Eutrope) ; à cause d'Estrope, il le fut par les estropiés, puis par les boiteux et encore par extension par les paralytiques. Acropy enfin le fit prier par les prisonniers, conséquence de la position de ceux-ci dans leurs geôles. Sans préjudice, bien entendu, des migraineux et des gens sujets aux maux de tête qui continuaient à l'invoquer en souvenir de son crâne brisé par le coup de hache qui, sous le règne de l'empereur Adrien, avait mis fin à ses jours.

Mentionnons qu'en certains lieux Saint Eutrope était célébré sous le nom de Saint Eutrope le Méhaingre, c'est-a-dire le supplicié. Cette particularité fit que, dans quelques paroisses, on pria Saint Eutrope le Maigre, auquel, par opposition, on ajouta bientôt Saint Eutrope le Gras...


Si la dévotion populaire ne se manifeste plus avec autant de fantaisie ou de confiante ferveur, la foule des croyants se porte encore nombreuse vers l'édifice qui abrite le tombeau du martyr de Saintes.
Nombreux aussi sont les visiteurs, simplement épris d'art, qui s'attachent à détailler les merveilles de son église. 

Le champ de leurs investigations est vaste, intéressant et varié. Presque inépuisable sont les constatations qu'ils peuvent faire, car en matière d'archéologie le dernier mot est loin d'avoir été prononcé.

Une question a été et reste posée à la sagacité des connaisseurs ou à l'appréciation des érudits. L'église de Saint-Eutrope appartient-elle à l'école auvergnate ou à l'école poitevine ? Chaque opinion a ses partisans et ses zélés défenseurs. La disposition des collatéraux et la forme des voûtes inciteraient à répondre en faveur de l'Auvergne, mais de nombreux détails apportent des arguments à ceux qui penchent vers le Poitou. 

Mais le Poitou... N'ouvrons pas ici une controverse sans grand objet. Pourquoi ne pas déclarer en tenant compte plus judicieusement de nombreux éléments trop négligés et qui gagneraient à être mis en évidence _ ils le seront un jour _ que l'église Saint-Eutrope de Saintes appartient tout simplement à l'école saintongeaise et est l'oeuvre dans la plupart de ses détails, si non dans son plan, d'artistes du cru...

Cet édifice a été inscrit sur la liste des Monuments Historiques en 1846.

Fin du texte de  Charles CONNOUË ________________________________________________

Les églises de la SAINTONGE (livre 1 épuisé)

_________________________________________édition: R.DELAVAUD à SAINTES 

avec leur aimable permission



Voir le diaporama situant les sculptures de Saint-EUTROPE Haute 

Quelques dates concernant SAINTES et Saint Eutrope de SAINTES:

L'inscription "EVTROPIVS" serait du VII e siècle

Entre 719 et 732, les ducs Eudes et son fils Hunald Ier détiennent l’Albigeois où ils ont des biens. Eudes combat les Sarrasins en Albigeois.

En 721, le duc Eudes bat le Califat omeyyade à la Bataille de Toulouse.

732 voit la défaite du duc d'Aquitaine et l'invasion de la Vasconie par l'émir Abd el Rahman, arrêté à la bataille de Poitiers par Charles Martel, qui commence la réunion de l’Aquitaine sous contrôle des Vascons au royaume franc.

En 735 Charles Martel reprend SAINTES

 En 749, Waïfre (Waïfre est le fils de Hunald Ier à qui il succède comme duc d'Aquitaine et de Vasconie quand ce dernier se retire au monastère de l'île de Ré en 745.) voulant acquérir son autonomie dans son duché, accueille favorablement Griffon qui vient se réfugier chez lui après s'être révolté contre son demi-frère Pépin le Bref. Ensemble, ils vont lutter contre le roi des Francs qui envahit l'Aquitaine en 760 afin de faire respecter les droits du clergé à Waïfre.

Après s'être soumis une première fois, le duc d'Aquitaine se révolte de nouveau en 761, puis chaque année jusqu'en 768, provoquant à chaque fois une réaction punitive du roi Pépin le Bref. Au printemps 768, Pépin s'empare de Bordeaux et réussit à capturer à Saintes la mère, la sœur de Waïfre et ses nièces. Le 2 juin 768, Waïfre est finalement tué par un des siens, Waratton, sur ordre de Pépin. Son père le duc Hunald qui vivait retiré au monastère de l'île de Ré, rompit la clôture pour tenter de reprendre son duché sans succès, mais il fut livré à Charlemagne par son neveu Loup II de Vasconie (fils d'Hatton d'Aquitaine) chez qui il s'était réfugié. 

Entre 760 et 768, Pépin le Bref entreprend chaque printemps des expéditions sanglantes contre le duc Waïfre, fils d'Hunald Ier

En 778, l'armée de Roland, piégée par le wali de Saragosse, a été défaite par les Vascons dans les montagnes basques de Roncevaux en revenant de Pamplune. Puis Charlemagne crée en 781 pour son fils Louis le Débonnaire alors âgé de trois ans, le royaume d'Aquitaine englobant les territoires du Rhône à l'atlantique. Il avait pour capitale Toulouse afin de fédérer la reconquête hispanique.

En 814, Louis le Débonnaire, devenu empereur à la mort de son père Charlemagne, cède le royaume d'Aquitaine à son fils Pépin, qui meurt en 838. Pépin II, fils de Pépin Ier, est proclamé roi après lui. Néanmoins ce fils est un fils bâtard et Louis le Pieux décide dans ses différents projets de partage de lui retirer son royaume et de le confier à son quatrième fils Charles qui se fait alors couronner roi d'Aquitaine en 848.

845 raids NORMANDS sur SAINTES

En 877, le royaume d'Aquitaine se décompose en deux duchés, un duché de Gascogne (ancien duché de Vasconie) au sud de la Garonne et un duché d'Aquitaine (plus tard appelé Guyenne) qui avait pour capitale Bordeaux et se compos ait alors des fiefs de Gascogne, du comté d'Armagnac, du comté de Fezensac, du Périgord, du Poitou, du comté d'Angoulême, de la Saintonge et du comté de la Marche.

.....

1061 Le retour des aquitains: Bataille de Chef Boutonne Guy-Geoffroy comte de POITIERS est vaincu et Guy cède Saintes comme rançon.

"L'an 1061 Geoffroi et Foulque faisaient la guerre au duc Geoffroy pour Saintes; s'avançant à la tête d'une grande armée, ils combattirent à Chef-Boutonne le jour de la Saint Benoît Celui-ci qui faisait aussi la guerre en Aquitaine, ou il avait rassemblé l'armée des poitevins; et des deux cotés on combattit avec ardeur; mais les hérauts et les porte-enseignes jetèrent leurs bannières et provoquèrent la fuite de l'armée poitevine".

En 1061, Guy-Geoffroy-Guillaume VIII, duc d'Aquitaine occupe la Saintonge, mais Geoffroy et Foulques IV le Réchin ( frère de Geoffroy III le Barbu son cohéritier de leur oncle Geoffroy Martel) le battent à Chef-Boutonne et Foulques récupère la Saintonge, cependant pour peu de temps, car Guillaume la reprend l'année suivante et chasse l'armée de Foulques.

"L'an1062 le duc Geoffroy assiégea la ville de Saintes. A près avoir planté ses tentes tout autour il fit des ravages par la famine et par le glaive jusqu'à la rédition des angevins et de tous les citoyens. De là avec de nombreux Vermandois , il s'en alla en Espagne et conquit la ville de Barbastro pour la chrétienté, après avoir massacré tous ceux qui s'y trouvaient."(Chronique de Saint Maixent) Il en aurait rapporté de "merveilleuses chanteuses mauresques" selon un auteur arabe.

En 1062 le comte de Poitou, Guy-Geoffroy Guillaume remet la main sur SAINTES

En 1064 Guy (Guillaume VIII) en expiation de ses ravages dans les territoires de ses voisins cède a l'abbé de la Chaise Dieu (Auvergne) un territoire a St GEMME pour y fonder une église .Dans la clause de donation il y a une clause pour se protéger de ses propres officiers !

1065 Guy (Guillaume VIII)  fait justice aux moines de l'abbaye de VENDÔME spoliés par un de ses intendants qui prenait les revenus des salines de St AGNAN. Il relève l'ancien couvent de Saint Eutrope à SAINTES.

1067 Le Seigneur de Chatelaillon Isembert donne toute l'île d'AIX a CLUNY pour y établir l'abbaye St Martin

1067 Première translation des reliques de St EUTROPE. L'évêque de Saintes ARNOUX ou ARNULFE dépossédé pour simonie . GODERAN évêque de Saintes Abbé de Maillerais dépendant de CLUNY (probablement nommé grâce à Guy Geoffroy).

1068 la cathédrale de Saintes brûle. L'évêque Bernard ancien prieur de Sablanceaux lance la reconstruction vers 1142 le chantier durera 1/2 siècle jusqu'en 1185.

1068 Fondation de l'abbaye St Vincent de Nieul sur l'Autise un des lieux ou serait née Aliénor

Vers 1070 de nombreuses églises et Abbayes apparaissent le long des axes de pèlerinage : Plan en croix , voûtes en pierre ,tribunes , collatéraux ,chapelles rayonnantes ,transepts ..St Martin de TOURS , St MARTIAL de LIMOGES , St SERNIN de TOULOUSE (1070) , St JACQUES DE COMPOSTELLE (1078) ...

La Crypte date de cette époque. Saintes devient incontournable sur la via TURONENSIS vers Compostelle.

9 nov. 1068 :mort d'Agnès de Bourgogne, à Saintes; mère de Guillaume VIII. Beaucoup d'abbayes ont bénéficié des largesses d'Agnès: L'abbaye St Florent de Saumur qui reçu un grand domaine près de Niort. L' abbaye de St Jean d'ANGELY , monastère préféré de Guillaume le gros qu'il s'agissait de ne pas faire regretter. L' abbaye aux dames de Saintes. L' abbaye du Ronceray. La reconstruction de l'abbaye de Charroux et de St Michel en l'Herm. St Hilaire de Poitiers commencée par Emma reine d'Angleterre et cousine de Guillaume le grand. La collégiale de St Nicolas dont les chanoines étaient chargés de prier pour leurs fondateurs et le premier mari d'Agnès. L'abbaye de Maillezais ou est enterré son premier mari.

1168, 1173-74, 1176, 1178-79, 1182-83, 1188 six révoltent nobiliaires en Aquitaine  contre les nouvelles dispositions de Henri II. L'aristocratie de la Saintonge et de l'Aunis y prennent part notamment Geoffroy de RANCON , seigneur de Taillebourg

En 1079 au concile de Bordeaux du 14 octobre, Boson évêque de SAINTES demande l'établissement de religieux à St-Eutrope, église qui était alors entre les mains du vicomte d'AULNAY, et ce dernier accepte.

En 1081 le 11 janvier au concile de SAINTES, Hugues abbé de Cluny, obtient que Guy-Geoffroy donne l'établissement à l'ordre de Cluny.

L'ordre bénédictin de Cluny dans le dernier tiers du XI e élève un magnifique monastère autour d'une très vaste église. Tout fut repris depuis les fondations en créant une grande crypte lumineuse grâce à ses nombreuses fenêtres.

Du XI e au XII e siècles verra la construction menée par Benoît, maître d'oeuvre, d'un édifice grandiose puisque sa longueur atteignait 150 m de long à l'époque romane !

Au cours des travaux l'on découvre le tombeau de Léontinus, évêque de Bordeaux.

Le 20 avril 1096 le pape Urbain II consacre l'autel du choeur et l'évêque de SAINTES , Ramnulfe, répéta la cérémonie pour l'église basse.

Cette même année 1096 avait lieu le transfert grandiose de la capse contenant les restes de St Eutrope qui subsistent toujours.

La reine Aliénor d'Aquitaine, fille du duc Guillaume X, fut au Moyen Âge parmi les personnages les plus influents de toute l'Europe. Après l'échec de son premier mariage avec le roi Louis VII de France, elle épousa en 1152 le duc de Normandie et comte d'Anjou, qui devint en 1154 roi d'Angleterre sous le nom d'Henri II Plantagenêt. 

1154 à 1168 Pendant 15 ans paix relative en Saintonge ou les Seigneurs continuent de se quereller sans remarquer le changement de tutelle.

1168 ALIENOR lasse des infidélités de Henri II désigne Richard comme son successeur

1168 Henri II fait arrêter et emprisonner ALIENOR qui tentait de rentrer en AQUITAINE Aliènor échappe a une embuscade durant laquelle Patrice de Salisbury qui devait aider Aliénor à gouverner l'Aquitaine  est tué. Guillaume le Maréchal entre en scène il est le neveu de Parice En entreprenant de le venger il se retrouve blessé et captif. Aliénor paiera une rançon pour le libérer.1168 Guillaume le Maréchal entre au service d ' Aliénor alors qu'elle s'installe en son duché dont Henri II lui a confié le gouvernement. Cela se mit en place après la naissance de Jean et qu' Henri eut fait de Rosemonde sa maîtresse.

1168 Richard Cœur de LION fils d'ALIENOR parvient en AQUITAINE et essaye de soulever les Seigneurs 

1168 RICHARD vaincu se jette dans SAINTES .HENRI assiège Richard qui se se réfugie a Taillebourg

1169 Henri II impopulaire interdit a ses agents toute exaction envers l'abbaye de Saintes Il sacrifie son Sénéchal Raoul de Faye aux plaintes du prieur de St Georges .Son impopularité provient de ses efforts pour encadrer l'Aquitaine par des châteaux , des officiers fidèles et même des bandes de routiers

1169 'Henri II évince sans violence les Seigneurs et élève une Forteresse hors les murs a LA ROCHELLE

Aliénor organise en 1170 des tournois et banquets en POITOU pour asseoir la popularité du jeune comte de POITIERS_RICHARD_NIORT à Pâques 1170 au cours de cette cérémonie toutes les confiscations faites par Henri II  en Aquitaine, Marche et  Angoumois furent levées_ à Poitiers  Richard est proclamé en grande pompe par l'archevêque de Bordeaux et l'évêque de Poitiers Abbé de St Hilaire de Poitiers et il reçu la lance et l'étendard de duc d'Aquitaine. A Limoges Richard reçoit en la cathédrale St Étienne l'anneau de Ste Valérie et il pose la première pierre de l'église St Augustin à cette occasion. Richard Cœur de Lion devient comte de Poitiers et duc d'Aquitaine.

Extraits de mon fichier histoire

Vers la crypte ou église basse

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