La crosada (*)
 (Extrait de la chanson de la croisade du XIIIe siècle)

Un des auteurs loue les valeurs occitanes comme :

le "JÒI" (bonheur suprème, beauté de l'âme)
le "PARATGE" (l'égalité, la fraternité)
le "PRÈTZ" (la valeur, le mérite)
le "MELHURAR" (s'améliorer)
la "MESURA" (le bon jugement)
l "ONOR" (l'honneur)
la  "RICOR" (la richesse intérieure)
 

Le "jòi" est beaucoup plus fort que "joie", c'est la joie suprême, la félicité, un état d'être plus élevé.



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La Crosada

Amb lagremas es en jòi recebut
Car lo Jòi que repaira es granat e florit.
 E se ditz l'un a l'autre : « Ara avem J.C.
 E lo lugan e l'estela que per nos relusis
Que veici nòstre sénher, que cresiam périt ;
Per aquò Prètz e Paratge qu'èran ensevelits
Son vivents, restaurats e sanats e garits,
Que lo comte es intrat a Tolosa per la relevar
E per Franceses destruire e per Prètz enansar;
Per trastotas las tèrras an tornat trobar lo parlar
 E escridan : « Tolosa ! Que Dieu la dirige et la  garde
E li balhe Valor, la secorre la garde e la protège !
E li done poder e fòrça de reparar sas pèrtas
E de Paratge deliurar e de Jòi enlusentir ».


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La Croisade

Avec des larmes il est reçu en «Jôi»
 Car le «Jôi» qui reparaît est graine et fleuri
 Et chacun se dit l'un à l'autre : «Maintenant nous avons Jésus-Christ avec nous
 Et l'étoile du matin et l'astre qui pour nous resplendit,
Car voici notre Seigneur, que nous croyions anéanti ;
Et ainsi Prètzs (Valeur, Mérite) el Patatge (Egalité totale entre tous) qui étaient ensevelis
Sont vivants, restaurés, assainis et guéris,
Puisque le comte est entré à Toulouse pour la relever
Et pour détruire les Français et pour Prètz élever;
Partout les hommes  ont retrouvé la parole
Et s'écrient : « Toulouse ! Que Dieu la dirige et la garde
Et lui donne Valor , la secoure la garde et la protège !
Et lui donne pouvoir et force de réparer ses pertes,
Et de délivrer Paratge et de faire resplendir «Jòi».



La croisade contre les albigeois  (1209-1229), est celle de l'Église et du roi de France contre les pays du sud qui échapent à l'Église et au roi, elle fut initiée par un autre Bernard, que l'on a sanctifié. Bien que Raymond VI de Toulouse ait combattu des deux côtés, ici nous sommes avec le comte de Toulouse dans un épisode favorable aux languedociens, qui viennent de reprendre Toulouse à  Simon de Monfort, qui combait pour le roi et l'Église.

(*) La Chanson de la croisade albigeoise  est un poème manuscrit de 9578 vers, écrit en langue d'oc entre 1208 et 1219 par deux clercs catholiques différents, racontant les événements survenus dans le Languedoc depuis l'invasion du comté de Toulouse et de l'Albigeois par les "croisés". L'un d'eux fut un défenseur des valeurs occitanes et parfois anticlérical. Tous deux ont été déstabilisés parfois par le comportement des "croisés".



Vers un texte de Bernat et d'autres textes occitan du XIIIe siècle

Vers Can l'herba fresch.de Bernard de Ventadour..

Vers la Lauseta de Bernard de Ventadour


Versestat esperdu de Bernard de Ventadourt



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