SAINT GEORGES-des-COTEAUX

Texte intégral de Charles CONNOUË 

Photos: Michel Rochat & Alain Deliquet


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Commune du Canton Sud de SAINTES (à 6 kilomètres à l'ouest de Saintes)



L'église paroissiale de Saint-Georges-des-Coteaux, dédiée au Saint chevalier vainqueur du dragon de Libye, est un vaste et intéressant édifice, construit au XII e siècle, mais considérablement remanié par la suite. Il a été classé aux Monuments Historiques, le 10 Octobre 1909.

Le clocher carré, court et trapu, à toit pyramidal d'ardoise, a remplacé vers le XIVe siècle, un clocher roman contemporain des quatre piliers de base qui subsistent à l'intérieur de l'église.
La nef, en matériaux légers, a été au XV e siècle couverte de deux larges voûtes sur croisées d'ogives ; on en voit encore les formerets coupés à leurs sommets par le plafond actuel. Ces voûtes devaient être fort élégantes à en juger par la finesse des arcs et leurs portées. Ils retombaient sur de sveltes colonnes d'angle couronnées de chapiteaux et, au centre des murs latéraux, sur des faisceaux de trois colonnes à chapiteaux.
Un transept coupe la nef. Son carré qui porte le clocher est limité par quatre forts piliers saillant largement vers l'intérieur. A leurs vastes faces planes s'adossent de grosses demi-colonnes. De beaux chapiteaux romans, plusieurs mutilés, surmontent ces colonnes ; leur ornementation d'animaux, et surtout d'entrelacs, de rubans ou de vannerie, méritent l'attention. 


St Georges des Coteaux




Les sculptures en se prolongeant sur le plat des piliers forment des blocs décoratifs. Celui des chapiteaux en vannerie est le plus beau du genre qui puisse se voir en Saintonge.

Sur un autre, s'aligne, hommage au patron de l'église, toute une suite de dragons divers et sur un troisième se répète le « motif de Saint-Eutrope de Saintes » avec des variantes, mais l'exécution laisse à désirer. Un chapiteau mutilé porte encore des traces de peinture.



Ces quatre piliers reçoivent les retombées de puissants arcs en tiers-point à double et à triple rouleau, sur lesquels s'appuie

SAINT GEORGES DES COTEAUX


 une très belle coupole octogonale avec trou à cloches. Les arcs, les trompes, la coupole, les deux gros cordons horizontaux sur lesquels elle s'élève, encadrant à l'orient une petite ouverture en plein cintre, forment un ensemble absolument remarquable.
La partie gauche du transept, voûtée en berceau brisé, abrite une chapelle. La partie droite également, mais ici la voûte est ogivale et les fines nervures des arcs et des formerets retombent jusqu'au sol.
Le chœur et l'abside forment un carré.. Le mur de fond plat s'ornait autrefois de trois fenêtres en plein cintre accolées. Celle du milieu seule subsiste. Les cintres s'appuient sur des groupes de colonnettes d'angle à chapiteaux. Ce chevet porte encore les traces d'une voûte antérieure sur croisée d'ogives.
La nef et la chapelle de droite prennent jour par de grandes fenêtres en tiers-point garnies de vitraux modernes, le chœur et la chapelle de gauche par des fenêtres plus petites en plein cintre.

D'intéressants tableaux ornent la nef. L'un porte la signature de F. Vincent, peintre du XVIIIe siècle, qui fut membre de l'Institut.


La nef et la chapelle de droite prennent jour par de grandes fenêtres en tiers-point garnies de vitraux modernes, le chœur et la chapelle de gauche par des fenêtres plus petites en plein cintre.

D'intéressants tableaux ornent la nef. L'un porte la signature de F. Vincent, peintre du XVIIIe siècle, qui fut membre de l'Institut.


A signaler dans cette église une innovation rare : le beau parquet de chêne qui couvre le sol de la nef. Par contre il ne s'y trouve aucune trace de mosaïque, romaine ou autre, quoi qu " on"  en ait pu dire.
La façade, orientée et surmontée d'un pignon, comporte au rez-de-chaussée un portail du XV e siècle à nombreuses et profondes moulures sans chapiteaux aux sommets des pieds-droits. Deux minces pinacles, très fouillés se dressent de chaque côté de cette porte et montent jusqu'au premier étage, que perce une fenêtre en plein cintre ornée de colonnettes, dont les chapiteaux de gauche sont garnis chacun de trois menues têtes humaines (XIII e siècle).
Sur cette façade, une petite scène à deux personnages attire le regard. Deux anges ailés placés face à face semblent marcher vivement l'un vers l'autre et vouloir se combattre. Peut-être faut-il voir là une nouvelle représentation de la lutte du Bien et du Mal... ou plus simplement ce qui subsiste d'un ensemble d'armoiries dont l'écu central porté par les deux anges a disparu. Armoiries répondant à gauche à celles de droite.
De nombreux contreforts encombrent les élévations Nord et Sud. Sur la première, à hauteur de l'abside, se voient encore une suite de modillons supportant une corniche, rares vestiges extérieurs de l'ancienne église romane et sur cette même abside, mais au Sud, les traces de l'incendie (pierres éclatées, délitées) qui détruisit cette même église au cours de la guerre de Cent ans.

Le bourg de Saint-Georges a longtemps été occupé par les Anglais qui utilisaient son clocher comme tour de guet. C'est non loin de ses murs que se déroula en 1351 un combat qui mit aux prises les Anglais et les troupes de Guy de Nesles : Maréchal de France.
La bataille fut « forte et dure ». Les Français « desconfiz » virent le Maréchal fait prisonnier et eurent « Six cents hommes d'armes mors et prins ».

la litre de Saint Georges des Coteaux

La litre

Fin du texte de Charles Connouë _________________________________________________

Les églises de la SAINTONGE  (livre 2 épuisé)

________________________________________édition: R. DELAVAUD 

avec leur aimable permission



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Je rappelle que je suis athée, alors il n'y a nul prosélytisme dans les commentaires seulement une recherche
pour comprendre ces sculptures non conformes aux standards dit "catholiques"
et que les spécialistes de l'art roman ont trouvé sans grand intérêt.

"FAISONS PARLER LES CHAPITEAUX de

Saint-Georges-des-coteaux!"

L'église est dédiée à Saint Georges: celui qui a vaincu le dragon ...

Le sculpteur a donc traité le thème du combat spirituel de manière magistrale !

SAINT GEORGES DES COTEAUX

Être fort spirituellement

Conquérir ses ailes ( droit d'entrée pour le ciel) et devenir tel un  oiseau ...voyez ma tête!
Voilà les attributs célestes pour marcher vers le  ciel pour l'éternité  ....

Mais le Malin veille au grain et semble se réjouir !!



L'oiseau cache un lion

Je n'ai rien à craindre  j'ai la force virile du lion pour combattre mes passions
Mais je dois rester vigilant pour ne pas tomber dans les pièges du Malin.

De face une tête d'oiseau et de coté une tête de lion

REMARQUEZ QU'IL S'AGIT DU  MÊME CHAPITEAU! magistral non !

(Remarque: C'est aussi une preuve que ces animaux ne sont pas uniquement décoratifs mais 
transmettent bien un massage spirituel au travers d'attitudes codifiées)

Griffon de Saint Georges des Coteaux


Les sculpteurs ont inventé ces bestioles pour représenter le Malin (ou le mal) ainsi que  cette partie de nous même 
qui veut le rejoindre pour nous écarter du chemin du ciel.
Ici  avec un corps moitié serpent moitié monstre diabolique qui représente l'homme sous l'emprise de
ses passions et péchés qui le détournent du Très-haut.

C'est lui que Saint Georges a combattu et que nous devons combattre!

Plus haut avec un corps de lion 
symbole de force virile mais aussi une tête d'oiseau qui chacun sait se sont libérés des pesanteurs terrestres et vivent au ciel.

Ses prétentions ne sont pas de ramper sur le sol comme les serpents mais bien de marcher vers le ciel 
grâce à ses petites ailes qu'il doit cependant mériter !
C'est le symbole de notre double nature à la fois pesante et terrestre comme animale 
mais aussi pouvant accéder à la spiritualité et pouvoir ainsi s'alléger et gagner le ciel
là ou réside les oiseaux, les anges et le très haut pour l'éternité.

(C'est simpliste mais pour parler aux clercs illettrés, aux nobles belliqueux, aux vilains et aux serfs il faut un message simple! )

C'est une bestiole à multiples facettes à l'image de l'homme que le sculpteur décline 
et les chapiteaux de Saint-Georges-des-Coteaux 
illustrent le combat intérieur que doit mener l'homme pour atteindre la vie éternelle représentée au final par un chapiteau 
plein d'entrelacs symbole hautement spirituel car l'entrelacs n'a ni début ni fin...comme Dieu

SAINT GEORGES DES COTEAUX

Pilier Nord-Ouest

"Les embûches du Malin qui nous soumet à la tentation...
_à gauche le Malin crachant ses rinceaux qui sont les épreuves

au centre nous-même empêtré dans les épreuves

à droite nous sommes vaincu car pas assez fort spirituellement"

SAINT GEORGES DES COTEAUX

Pilier N-E

"Voilà un homme fort spirituellement il combat ses vices comme le lion attrape sa proie

Mais le  Malin avait raison de sourire car au centre c'est la rechute

les queues ( symbole de notre être profond) sont mi-lancéolées mi feuilles
c'est à dire que ce personnage est profondément partagé entre plaisirs terrestres et recherche du divin

La force virile que représente ce lion n'est pas contrôlée 
sa tête est celle du Malin
et par conséquent il en a perdu ses ailes .

Du  griffon qui avait gagné ses ailes et une tête d'oiseau...
il s'est transformé en suppôt du Malin
et la partie feuillage de sa queue a disparue...

Les feuillages symbole de renaissance sont à coté de lui.
Il tire la langue comme celui qui vient de jouer un bon tour !

SAINT GEORGES DES COTEAUX

Pilier Sud-Est

Après cette rechute le combat spirituel intérieur à gauche montre qu'il faut se laisser envahir et dominé
par les  valeurs spirituelles représentées par les oiseaux qui
sont les messagers du ciel. Le Malin fait la gueule!

Remarquez les têtes carrées symbole du terrestre opposé au spirituel ce qu'il avait choisi!

Résultat: il regagne ses ailes!!

le lissage des plumes au centre c'est le signe de l'acceptation du message des oiseaux
et l'on remarque au passage la transformation de la tête qui passe du terrestre (carrée) au céleste (oiseau)

C'est une belle  représentation de la  conversion intérieure

puis à droite de nouveau le combat car rien n'est jamais acquit définitivement.

SAINT GEORGES DES COTEAUX

Pilier Sud-Ouest

"c'est ainsi que l'on gagne le repos éternel près du Très haut  qui est le but recherché par chacun à l'époque"

(L'entrelacs n'a ni début ni fin comme l'éternité et Dieu...)

Voilà les chapiteaux ont bien parlé...

MAJ: Mars 2012/2015                  

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TOURISME aux alentours






Voici le panneau à proximité de l'église de SAINT GEORGES DES COTEAUX


SAINT GEORGES DES COTEAUX



exemple d'un circuit possible

Un des circuits propsé par le site de la SAINTONGE ROMANE sur internet

Le site officiel  :http://www.charente-maritime.org/pays_saintonge-romane/patrimoine_roman/roman_circuit_02/roman_st_george_coteaux.htm

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